Samedi 3 octobre 20h30 Anne Rodier, soprano et Laurence Garcin, piano vous feront revivre le répertoire de Ninon Vallin

Samedi 3 octobre 20h30 Anne Rodier, soprano et Laurence Garcin, piano vous feront revivre le répertoire de Ninon Vallin

Anne Rodier, soprano et Laurence Garcin, piano vous feront revivre le répertoire de Ninon Vallin, sur les notes de Berlioz, Fauré, Bizet, Satie, Puccini, Reynaldo Hahn

Presse :

Les AFFICHES de Grenoble et du Dauphiné 9 octobre 2015

« La Diva de l’Isère »

 » La mémoire de Ninon Vallin, une des plus grandes cantatrices du XXe siècle, est régulièrement perpétuée par l’association qui porte son nom. La mezzo-soprano Anne Rodier et la pianiste Laurence Garcin ont évoqué, le temps d’un récital, certains de ses succès mondiaux.

Née à Montalieu-Vercieu en 1886, Ninon VALLIN n’a jamais renié ses liens avec l’Isère, notamment avec Nantoin, village proche de la Côte-Saint-André. Ce récital à sa mémoire se veut aussi une « Invitation au voyage », mélodie de DUPARC sur un poème de BAUDELAIRE par lequel Anne Rodier, de voix ample et précise, ouvre la soirée. L’art de la mélodie française y trouve son expression la plus juste et la plus sensible, avec une élocution si parfaitement maîtrisée de la langue française qu’on comprend sans peine toutes les paroles: c’était aussi l’un des nombreux atouts de Ninon VALLIN. Les mélodies signés FAURE, CHAUSSON ou HAHN rivalisent avec la sublime Nuit d’Etoiles de DEBUSSY, compositeur dont le Martyre de Saint Sébastien fut créé en 1911 avec Ninon VALLIN. On n’oublie pas BIZET, dont la Séguedille de Carmen est ici chantée avec charme et sentiment, mais sans vulgarité ostentatoire, comme si Anne RODIER racontait une histoire plutôt qu’elle ne la jouait : le tout avec une classe qu’on imagine bien avoir été celle de « La VALLIN ».

Au piano, Laurence GARCIN est plus qu’une accompagnatrice : elle est la partenaire subtile, lumineuse et parfois fantaisiste qui veille à ne pas donner à son instrument (un séduisant Bösendorfer) un rôle trop important qui viendrait voler la vedette à la cantatrice. Ses interventions solistes resterons cependant mémorables : le Narguilé de Reynaldo HAHN semble flotter, aérien et instable comme une fumée jusqu’à une Gnossienne d’Erik SATIE d’une hésitante gravité embrumée d’absinthe. Une surprenante Sonate de SCARLATTI, jouée avec un humour non dénué de tendresse, vient même ajouter à l’originalité de ce récital.

Il n’a manqué à cette soirée que le nom de BERLIOZ, dont Ninon VALLIN interpréta fréquemment le rôle de Marguerite dans a Damnation de Faust : peut-être le piano n’est-il pas l’instrument berliozien par excellence … « 

Gilles Mathivet